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Entretien avec Ing. Luis G. Lizcano, FEMIA

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Ing. Luis G. Lizcano est le Directeur général de la Fédération mexicaine de l’industrie aérospatiale, FEMIA

Plus particulièrement pour les investisseurs européens, le Mexique représente la possibilité d’établir une plateforme d’affaires hautement compétitive pour l’Amérique du Nord.

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Dans le but de promouvoir l’industrie aérospatiale du pays, la Fédération mexicaine de l’industrie aérospatiale (FEMIA) a vu le jour fin 2007. Depuis lors, comment le secteur a-t-il évolué ?

Bien que le secteur de l’industrie aérospatiale soit actif au Mexique depuis plus de 30 ans, il s’est réellement développé à partir des années 2000, lorsque différents fabricants d’équipements d’origine (OEM) et fournisseurs Tier 1 (Bombardier, Cessna, Beechcraft, etc.) ont commencé à y mener des opérations, principalement dans le domaine de la production. À l’époque, les exportations annuelles se chiffraient à 1,306 milliard de dollars. Après 2007, 21 membres fondateurs ont créé la Fédération mexicaine de l’industrie aérospatiale et d’importantes entreprises du secteur ont alors pu trouver au Mexique les conditions nécessaires pour développer différents projets. En 2014, les exportations représentaient 6,366 milliards de dollars, soit une croissance annuelle moyenne de 17 %, générant plus de 42 000 emplois répartis dans près de 300 entreprises, situées principalement dans les États tels que Querétaro, Basse-Californie, Chihuahua, Nuevo León et Sonora.

 

L’industrie aérospatiale mexicaine connaît une croissance constante, comme en témoignent les données correspondant à la création d’emplois et aux exportations. Quelles sont vos prévisions économiques à court et moyen terme ?

Grâce à la signature d’accords (BASA et Wassenaar par exemple), le futur de l’industrie aérospatiale au Mexique à court terme est très prometteur. Selon les estimations, d’ici 2020, le Mexique se positionnera parmi les 10 premiers pays au monde en matière d’exportations et générera 12 milliards en biens liés à l’industrie aérospatiale. En ce qui concerne l’emploi, 110 000 postes de travail directs devraient être créés, dont 30 % à 35 % dans l’ingénierie. Une intégration nationale de 50 % de la production réalisée pour l’industrie et la deuxième place dans le secteur manufacturier pour ce qui est de la valeur ajoutée et des ventes.

À moyen terme (d’ici 2035), les estimations prévoient que près de 32 000 nouveaux avions commerciaux destinés au transport de passagers seront nécessaires. À titre de comparaison, la flotte mondiale compte actuellement un peu plus de 20 000 avions. Il ne fait aucun doute que ce besoin grandissant aura des répercussions sur les affaires de l’industrie aérospatiale au Mexique.

 

Quels sont les États ou les pôles de compétitivité offrant le plus grand potentiel et les domaines de compétence du secteur de l’aérospatiale au Mexique ? Quelles opportunités commerciales le Mexique offre-t-il aux investisseurs, en particulier aux Européens, qui représentent un pourcentage plus faible en matière de capitaux d’investissement ?

L’industrie aérospatiale est présente dans 18 des 32 États du Mexique et elle est actuellement particulièrement développée dans les cinq États de Basse-Californie, Chihuahua, Nuevo León, Querétaro et Sonora. Ces États disposent de centres de conception et d’ingénierie spécialisés dans les éléments aéronautiques destinés aux moteurs (systèmes de propulsion), aux câblages, aux harnais, aux intérieurs, aux systèmes de contrôle de vol, au fuselage, à l’avionique, etc. En ce qui concerne la spécialisation du Mexique dans le secteur, environ 80 % des entreprises qui lui sont liées se consacrent à la fabrication, 11 % à la maintenance, la réparation et la révision (MRO) et 9 % à l’ingénierie et à la conception.

Plus particulièrement pour les investisseurs européens, le Mexique représente la possibilité d’établir une plateforme d’affaires hautement compétitive pour l’Amérique du Nord (États-Unis, Canada et Mexique). Selon une étude de KPMG, le Mexique est le pays le plus compétitif de l’hémisphère nord, grâce à ses coûts de production peu élevés. De plus, le Mexique offre un environnement attractif pour l’établissement d’entreprises qui investissent, grâce à un cadre juridique facilitant ce processus, venant soutenir la présence des « shelters » qui fournissent des ressources humaines et de nombreux avantages pour accélérer l’installation dans le pays. On trouve au Mexique des entreprises de construction et des parcs industriels expérimentés. Pour les investisseurs européens, s’installer au Mexique est plus aisé qu’il n’y paraît, car le pays offre de multiples programmes d’investissement.

 

Certaines prévisions estiment qu’en 2035, le Mexique pourrait compter 900 fournisseurs de l’industrie aérospatiale. Quels sont les défis que la FEMIA devra relever au cours des prochaines décennies ?

En analysant la situation actuelle et les prévisions pour 2020, le défi n’est pas lié au nombre de fournisseurs, mais à l’intégration adéquate de la chaîne logistique (supply chain) et au maintien du rythme pour fournir les ressources humaines nécessaires sur le plan technique, afin de satisfaire une demande marquée par une rapide croissance. Toutefois, l’industrie, les autorités et le secteur éducatif du pays mettent tout en œuvre pour relever ces défis.

 

La formation des futurs professionnels du secteur aérospatial est un aspect fondamental et le Mexique compte plus 50 000 nouveaux ingénieurs chaque année. Quels seront, selon vous, les grands défis pour la formation des futurs professionnels mexicains, dans l’aéronautique ?

Le Mexique a démontré sa capacité à accueillir les meilleures entreprises du secteur aérospatial, en leur proposant des travailleurs hautement qualifiés pour produire, concevoir, fabriquer et commercialiser des composants aéronautiques, les maintenir et les réparer. La croissance de la demande a été telle que des universités et des formations spécialisées ont vu le jour, principalement dans les États de Querétaro, Chihuahua, Nuevo León, Basse-Californie et Sonora, pour n’en citer que quelques-uns. Parmi les défis qu’ils devront relever, les futurs ingénieurs devront être à l’avant-garde en matière de mise en œuvre de nouveaux processus et de nouvelles technologies, que ce soit en matière de fabrication ou de maintenance d’éléments aérospatiaux et d’aéronefs, en matière de mise à jour des connaissances sur le secteur, ainsi que sur les besoins et le développement de centres nationaux de certification fonctionnant uniquement avec du personnel mexicain.

 

La stratégie de la « triple hélice », reposant sur la collaboration entre les entreprises, les universités et le gouvernement, est-elle la clé du succès pour consolider le secteur ?

Il ne fait aucun doute que cette collaboration a été un facteur fondamental pour le développement de l’industrie dans le pays et nous sommes convaincus qu’à l’avenir cette stratégie continuera à donner de bons résultats pour affronter la croissance prometteuse de cette industrie, stratégique pour le pays.

 

Quelle est la feuille de route du Programme national stratégique de l’industrie aérospatiale ?

Le Programme national stratégique de l’industrie aérospatiale (ProAereo), grâce à la coordination d’un comité formé par le gouvernement, le secteur privé et le secteur académique, a développé des stratégies pour placer le Mexique parmi les pays les plus compétitifs pour le secteur aérospatial, au niveau mondial. Avec sa stratégie de « triple hélice », le Mexique a réussi à obtenir les résultats nécessaires en matière d’augmentation des exportations et des investissements, afin de se positionner en tant qu’acteur clé de l’aérospatiale en Amérique du Nord.

 

 

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