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Aéroports publics vs privés

Vicente Padilla

Vicente Padilla

AERTEC Solutions / CEO & Founder

 

La privatisation des aéroports est une question qui fait toujours débat. Ces 30 dernières années, l’industrie du transport aérien a changé le monde, et les aéroports sont désormais la porte d’entrée pour des millions de personnes. Par conséquent, ils représentent également, dans certains cas, des investissements très rentables.

Les opposants à la privatisation allèguent que l’industrie aéroportuaire est un monopole naturel, ce qui fait qu’elle doit être dirigée et contrôlée par le gouvernement dans le souci de l’intérêt public. Il n’est pas juste qu’une entité privée puisse tirer profit d’une infrastructure qui fait partie du domaine public.

D’autre part, le calcul du retour sur investissement par les investisseurs privés ne tient pas compte des recettes générées par le développement des entreprises dans une région donnée. Par conséquent, ils peuvent obtenir des bénéfices indirects et ne pas les réinvestir dans l’aéroport. Ainsi, beaucoup de zones arides ont connu l’installation d’une industrie touristique prospère suite à la construction d’un aéroport, déficitaire au début, parrainé par des fonds publics.

La convergence des intérêts opposés des deux parties, public et privé, est un véritable défi.

Enfin, le bruit et d’autres impacts environnementaux générés par les aéroports doivent faire partie de l’accord. Par exemple, le prix de la pollution sonore est peu souvent inclus dans le compte de résultats d’un aéroport privé. Trop souvent, les hommes politiques ont recours aux fonds publics pour couvrir les coûts de la pollution sonore – y compris dans les aéroports privés – afin de calmer les électeurs mécontents et en colère du voisinage.

Les défenseurs des aéroports privés affirment, quant à eux, qu’il s’agit d’éradiquer l’inefficacité et d’introduire des modes de gestion orientés vers le client. Les entreprises publiques sont connues par le fait de disposer de trop de personnel : les travailleurs y sont surprotégés et déconnectés des réalités du marché.

De plus, étant donné que les gouvernements sont bien connus pour les constructions excessives sur le dos des contribuables, l’excès de capacité tend à être la marque de fabrique d’un grand nombre d’aéroports publics. Les investisseurs privés, eux, s’assurent de ne réaliser que des projets économiquement viables. Ainsi, ils exploitent au maximum le rendement de passagers avant de procéder à toute nouvelle augmentation de capacité.

Pour finir, les défenseurs de la privatisation affirment également que le domaine public n’est pas une garantie de la démocratisation de l’industrie. Il y a 40 ans, seuls les riches et les célèbres pouvaient se permettre le luxe de voyager en avion avec les compagnies aériennes publiques du passé. Ce n’est qu’à partir de la déréglementation et la privatisation de l’espace aérien, qui a entrainé la création d’un marché concurrentiel, que les billets d’avion sont devenus à la portée de tous.

Mais la question reste la même : quel est le mieux pour l’intérêt public ? Que les aéroports soient publics ou privés ?

Les études universitaires, qui ont utilisé des ratios financiers complexes et des analyses de productivité, ne sont pas concluantes. Tout dépend. Il existe aussi plusieurs types de privatisation. Depuis l’adjudication de seulement certains services, tels que les services d’assistance au sol (handling), de restauration ou de stationnement, jusqu’à la vente de toutes les installations de l’aéroport, comme dans le cas de l’opération de vente de la British Airport Authority, sous le gouvernement Thatcher en 1987. Il existe de nombreux autres degrés intermédiaires.

Un facteur clé est certain : la valeur de la privatisation dépend de la concurrence. Sans concurrence, toutes les privatisations seraient vaines. Mais il ne faut pas se leurrer : les activités aéroportuaires ne sont pas si monopolistes qu’on pourrait le penser. La concurrence dans le secteur des aéroports va au-delà des frontières régionales ou nationales. Par exemple, les aéroports des zones côtières espagnoles peuvent se disputer les touristes des aéroports de l’autre extrémité de la Méditerranée. Les lignes aériennes desservant les passagers à la recherche de soleil, opèrent avec les aéroports qui leur offrent les meilleures propositions. Le fait que cet aéroport se trouve en Grèce, en Italie ou en Espagne leur importe peu. Ils savent que les passagers suivront.

Je crois que, dans bien des cas, la solution idéale serait une association public / privé. L’associé public s’assure que les intérêts à long terme de la communauté sont respectés. L’investisseur privé, quant à lui, garantit que les opérations aéroportuaires seront exécutées de manière efficace et que l’argent public ne sera pas employé dans la construction d’infrastructures inutiles.

La convergence des intérêts opposés des deux parties est un véritable défi. Je ne vais pas prétendre que la cohabitation au quotidien soit une chose facile. Cela ressemble plus à des montagnes russes. Mais les voyages en montagnes russes peuvent être très amusants, si la ceinture de sécurité est bien attachée.

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