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Interview de Carlos Berenguer

AERTEC Solutions

AERTEC Solutions

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AVION Revue magazine
Interview de:

Carlos Berenguer.
Directeur de la division Conception et Planification d´Aéroports
AERTEC Solutions

 

– Le terme « Solutions » dans le nom d’AERTEC Solutions, représente-t-il une déclaration d’intentions ? Comment définiriez-vous les services offerts par votre entreprise au secteur aéroportuaire ?

En effet, la proposition de valeur d’AERTEC Solutions repose sur sa connaissance profonde de l’industrie aérospatiale, des aéroports et du transport aérien, et sur le développement d’un grand portefeuille de solutions à travers nos deux lignes d’activités : l’industrie aérospatiale et les aéroports. Dans le cas du secteur aéroportuaire, nos services englobent l’ensemble du cycle de vie d’un aéroport : la création, la conception, le développement et l’exploitation de ses installations et des opérations, ainsi que la mise en œuvre et l’intégration de tous les systèmes impliqués. La spécialisation est sans doute l’un de nos piliers, ce qui nous a permis de nous positionner de manière très claire et nous apporte un avantage différentiel car les clients nous perçoivent comme des experts auxquels ils n’ont pas à expliquer les particularités du secteur aéroportuaire puisque nous le connaissons aussi bien qu’eux. Notre expérience dans les aéroports internationaux nous offre une vision complète du secteur et les connaissances techniques nécessaires pour affronter avec succès des défis de plus en plus importants. Nous comptons en plus sur un personnel multidisciplinaire capable d’intégrer tous les aspects importants du projet et d’élaborer des solutions adaptées aux besoins de chaque acteur du domaine aéroportuaire.En ce sens, nous couvrons toutes les installations qui cohabitent dans l’enceinte de l’aéroport (terrains d’aviation, tours de contrôle, terminaux, bâtiments auxiliaires), ainsi que les éléments externes qui ont une incidence quelconque sur celle-ci.

CarlosBerenguer-007– Quelle est la proportion des services de conseils et d’ingénierie dans l’ensemble de vos activités ?

Dans la plupart des cas, nos projets commencent par une phase de conseil, puis se transforment en un projet d’ingénierie. Pour illustrer cela, je cite par exemple un de nos derniers projets en Belgique. Notre travail y a commencé avec la réalisation du Plan Directeur et la conception de l’élargissement de l’aéroport de Charleroi, et nous nous trouvons actuellement en pleine réalisation de la création du nouveau terminal et de la nouvelle tour de contrôle.

– Comment définiriez-vous la stratégie de votre entreprise quant à l’expérience du passager ?

Notre entreprise considère que l’aéroport est un espace pour les personnes, un endroit qui doit inspirer de la tranquillité et une sensation de confort à tous les passagers. Pour cela, notre participation contribue toujours à générer une expérience utilisateur beaucoup plus agréable et naturelle. Notre façon d’aborder les projets dans ce domaine va au-delà de la vision technique : nous apportons en plus une implication humaine qui se manifeste dès la planification et la conception des infrastructures aéroportuaires, jusqu’à leur exploitation. Par ailleurs, nous offrons nos connaissances et notre capacité d’innovation pour compléter les conceptions que nous abordons avec des solutions technologiques spécifiques qui découlent de notre travail de cabinet-conseil, en étant à l’écoute de tous les agents qui développent leur activité à l’aéroport, qui sont ceux qui nous donnent les clés pour établir ce dont il y a besoin avant de chercher la manière de le mettre en pratique.Cette façon de travailler avec des solutions « clé en mains » fait que nous disposons d’un grand portefeuille de produits technologiques propres à nous, orientés à améliorer l’expérience du passager (points d’information dotés de technologie tactile, systèmes de gestion automatisée de passerelles, de contrôle de flux de passagers, etc.).

– Et qu’en est-il de la stratégie en matière de l’expérience du gestionnaire d’aéroport?

Comme je le disais, les infrastructures d’un aéroport doivent répondre à beaucoup de besoins et de demandes des passagers, mais elles doivent également garantir la sécurité et l’agilité des opérations et des activités réalisées par le gestionnaire d’aéroport. Les résultats de ces processus et activités doivent être toujours précis, efficaces et sûrs, tout en garantissant les objectifs et les besoins fonctionnels pour lesquels ils ont été conçus et en assurant également leur rentabilité. Conscients de cela, chez AERTEC Solutions nous nous sommes toujours distingués par notre capacité de fournir des services qui permettent de contrôler, d’analyser et d’améliorer la qualité opérationnelle des processus et activités associés à l’exploitation aéroportuaire, dans ses différents domaines fonctionnels : opérations, services, sécurité, commercial et maintenance.

– Quelles sont les solutions apportées par AERTEC Solutions en matière de gestion opérationnelle de l’aéroport ? Vos solutions sont du côté terre ou concernent-elles également le côté air?

AERTEC Solutions propose un large éventail de services et de solutions dans le domaine des opérations aéroportuaires, aussi bien côté terre que côté air. Parmi elles, nous pouvons souligner la gestion dans la mise en exploitation, l’analyse et le suivi des niveaux de qualité du service ; les procédures et manuels d’exploitation aéroportuaire ; les systèmes de gestion de la sécurité opérationnelle ; les services d’ingénierie à l’activité aéroportuaire et la conception et mise en œuvre de solutions technologiques spécifiques orientées vers l’optimisation de l’exploitation de l’aéroport.

– Concernant les infrastructures aéroportuaires, vous avez une présence internationale étendue, pourriez-vous nous définir un peu plus vos projets en Europe ? Et qu’en est-il de l’Amérique Latine?

L’internationalisation a été l’autre grand pari de notre entreprise dès le premier jour. AERTEC Solutions est née en 1997 et a réussi à décrocher son premier contrat international seulement quatre ans plus tard. Depuis, l’expansion internationale a été constante et nous sommes aujourd’hui une multinationale avec des délégations au Royaume Uni, en France, en Espagne, au Portugal et au Maroc. Nous avons développé des projets dans 16 pays des 5 continents, et nous avons des références dans plus de 70 aéroports internationaux. Cette évolution peut être constatée à travers la croissance de nos projets à l’étranger, qui représentent aujourd’hui 75 % du chiffre d’affaires aéroportuaire de l’entreprise. Parmi ces projets, nous soulignons les travaux pour les aéroports britanniques et irlandais de Heathrow, Birmingham, Luton, Cardiff, Dublin, Kerry, Shannon, les belges Charleroi, Liège, et l’aéroport Sabiha Gokcen en Turquie. Notre objectif est d’élargir encore plus notre présence en Europe et en Afrique du Nord. Actuellement, nous sommes concentrés sur le Royaume Uni, l’Irlande, la Belgique, la France et le Maroc, mais nous avons l’intention d’étendre notre activité à d’autres zones stratégiques pour l’entreprise telles que l’Amérique du Sud, où nous avons déjà réalisé quelques projets au Panama, en Colombie et en Bolivie.

– Le Brésil est un pays avec de grands besoins dans ce secteur, y avez-vous des projets en marche ? Le fait de compter sur une forte présence au Portugal représente-t-il un avantage?

Le Brésil est l’un des pays émergents d’économie mondiale qui offre le plus d’opportunités d’affaires, non seulement dans le secteur aéroportuaire, mais aussi dans le domaine aéronautique, l’autre division de notre entreprise. Actuellement, nous n’avons aucun projet en cours au Brésil, mais nous avons prêté, en 2013, des services de conseils à des investisseurs pour le développement d’une stratégie institutionnelle dans le marché des aéroports du pays. Nous avons l’intention de continuer à nous développer en Amérique Latine à moyen terme et le Brésil est l’un des pays ciblés.Évidemment, notre expérience au Portugal peut nous aider considérablement étant donné que les deux pays partagent beaucoup de liens commerciaux et industriels.Par ailleurs, notre entreprise participe actuellement au Portugal à un contrat pour le nouvel avion de transport militaire KC-390, du fabricant brésilien Embraer.

– Quel est l’élément différentiel apporté par AERTEC Solutions au secteur aéroportuaire?

Il s’agit sans doute, comme je l’ai déjà évoqué, de la profonde connaissance que nos professionnels ont du secteur et des processus d’affaires qui y sont associés. Cela nous permet d’agir en tant consultants en apportant des solutions innovantes et, surtout, adéquates aux besoins concrets que chacun de nos clients présente à tout moment, que ce soit durant la phase de conception, de développement ou d’exploitation de l’aéroport, indépendamment du rôle joué par le donneur d’ordre dans celui-ci.

– Les études de viabilité des infrastructures aéroportuaires dans notre pays sont fortement remises en cause. Qu’est-ce qui a échoué?

Durant la première moitié des années 2000, il y a eu une forte croissance du transport de passagers en Espagne, notamment en raison du succès des compagnies Low Cost. Ce phénomène a provoqué que les diagnostics de trafic qui ont été réalisés à cette époque tenaient en compte ce facteur et assumaient des croissances de transport de passagers durables à moyen et long terme, avec des taux supérieurs à 2 fois l’évolution du PIB estimé. En revanche, à partir de 2008, avec la crise économique, la croissance globale du transport de passagers a stagné, pour reculer ensuite malgré le fait que les compagnies Low Cost ont continué à augmenter leur part de marché. Le problème était que les compagnies traditionnelles avaient perdu du trafic et ont dû repenser leurs stratégies commerciales afin de s’adapter aux préférences des usagers du transport aérien. Par conséquent, sur le plan privé, les initiatives aéroportuaires se sont stagnées face à l’incapacité de générer des recettes à travers le trafic, alors que sur le plan public, on a maintenu un niveau d’investissement très élevé au lieu de l’adapter à la réalité du trafic. En somme, autant la prévision de trafic que la stratégie pour adapter les infrastructures aéroportuaires aux nouvelles réalités ont échoué.

– L’application des mesures actuelles de sécurité aéroportuaire s’ajustent-elles à la réalité?

Il s’agit-là sans doute d’un des dossiers à examiner du secteur aéroportuaire, étant donné qu’il a des répercussions directes sur la qualité du service perçue par le passager. Je pense que la technologie a beaucoup avancé dans le domaine de la détection des matériaux potentiellement dangereux, et que durant les prochaines années, on verra comment la législation et les moyens techniques rendront plus agréable l’expérience du passager en ce qui concerne la sécurité.

– L’augmentation de la technologie devrait se transformer en une baisse des contrôles individuels lors des vérifications et une augmentation de l’utilisation des systèmes électroniques. Y a-t-il de nouvelles mesures à appliquer (gestion de flux de passagers, reconnaissance de l’iris, etc.) ?

Il est certain que la technologie aidera à améliorer et à accélérer le contrôle de sécurité au niveau des terminaux. De ce fait, dans les foires internationales aéroportuaires, beaucoup de produits innovants sont présentés à cette fin. Néanmoins, ces nouveaux produits doivent passer par un processus de validation long et compliqué de la part des autorités pertinentes, et accomplir de nombreuses formalités avant de pouvoir être utilisés dans les aéroports. Par ailleurs, il s’agit de technologies très chères, ce qui fait que le changement ne sera pas aussi rapide qu’on le souhaiterait.

– Les périmètres de beaucoup d’aéroports sont encore aujourd’hui vulnérables (clôtures inadéquates, espaces entre les pistes, excès de végétation avec risque d’incendie, etc.). Ne croyez-vous pas que toutes ces mesures au niveau des terminaux sont contradictoires avec le manque de contrôles extérieurs autour des pistes?

Je pense que l’Agence nationale de la sécurité aérienne réalise un grand effort afin de garantir que l’infrastructure aéroportuaire, en particulier du côté air, soit conforme à la réglementation en vigueur. Nous assistons à l’amélioration substantielle de la sécurité opérationnelle des aéroports à travers la mise en place des systèmes de gestion de la sécurité opérationnelle. Bon nombre d’aéroports disposent déjà d’une certification OACI (Madrid, Malaga, Barcelone, Palma, etc.), et le reste d’entre eux sont en train de réaliser les efforts nécessaires pour l’obtenir dans les prochaines années. Je considère qu’aussi bien du point de vue de la sécurité physique (security) que de la sécurité opérationnelle (safety), les efforts nécessaires sont fournis pour offrir aux passagers un service totalement SÛR. Il ne nous manque plus qu’arriver à améliorer l’expérience du passager (qualité du service), tout en préservant ces standards de sécurité.

– Comment placeriez-vous les aéroports espagnols sur cette question en comparaison avec la situation d’autres pays / régions voisines?

Je pense que la qualité de l’infrastructure aéroportuaire de l’Espagne n’a rien à envier à celle d’autres pays de l’Union européenne, tels que le Royaume Uni, l’Irlande ou la Belgique. De ce fait, il est frappant que la qualité de l’infrastructure des petits aéroports, ou de ceux d’Aena où le trafic est moindre, est supérieure à la moyenne européenne, étant donné qu’Aena standardise les spécifications techniques de ses installations, ce qui a un effet positif sur les aéroports de plus petite taille. Il n’est pas difficile de trouver de petits aéroports en Europe où la clôture périphérique est inadéquate ou où la végétation pousse librement sur le terrain d’aviation. En ce sens, nous disposons d’un réseau d’aéroports de qualité, y compris ceux de petite taille, dont les installations reflètent l’importance du niveau d’investissement d’Aena ces 10 dernières années.

– Les incidents au niveau des roulements et des plateformes des aéroports sont toujours élevés malgré toutes les mesures adoptées. Qu’est-ce qui ne marche pas ? Que peut apporter AERTEC Solutions?

La mise en œuvre effective des systèmes de gestion de la sécurité opérationnelle dans les aéroports est en train d’aider à réaliser un contrôle et une enquête plus exhaustive des incidents qui se produisent et de leurs causes. L’objectif est de prendre les mesures nécessaires afin de réduire les incidents et les éviter. Chez AERTEC Solutions, nous travaillons depuis un certain temps sur la mise en œuvre de systèmes A-SMGCS (Advanced Surface Movement Guidance & Control Systems), qui intègrent des systèmes de radar de contrôle et de surveillance des aéronefs en temps réel et de leurs procédures. AERTEC Solutions s’efforce de montrer aux clients les avantages de ces systèmes, et de leur présenter la gamme d’options de ce type qui commencent à voir le jour sur le marché spécialisé. Je pense que notre travail est essentiel en ce sens.

– L’utilisation de l’éclairage LED s’impose aujourd’hui comme une importante mesure d’économie d’énergie. Avez-vous un projet qui utilise cette mesure ou d’autres types de solutions de rationalisation de l’énergie dans notre pays ? Ce paramètre est-il pris en compte lors de la conception d’une nouvelle installation aéroportuaire?

Nous défendons le développement d’une ingénierie durable et cela implique, d’un côté, une conception d’infrastructures qui profitent au maximum des ressources naturelles (en particulier au niveau des terminaux), et de l’autre l’utilisation d’éléments à haute efficacité énergétique. Du côté air des aéroports, nous avons commencé à recommander l’utilisation de la technologie LED au niveau des feux de balisage dès 2005 pour l’aéroport de Dublin, et peu après au niveau des systèmes d’éclairage de la plateforme. Cette technologie est en train de s’étendre partout dans le monde et représente une amélioration substantielle non seulement au niveau de la consommation, mais aussi au niveau de la durée et de la visibilité. Il en est de même au niveau du terminal passagers, sauf que là la question est encore plus critique car l’éclairage y est presque permanent, donc l’effet d’économie de consommation énergétique y est beaucoup plus évident. De plus, le fait de recommander et d’inclure dans nos projets l’installation de ce type de technologie aide l’exploitant de l’aéroport à optimiser ses dépenses opérationnelles à court terme.

– Vous allez participer en tant que conférencier à la Passenger Terminal Expo qui aura lieu le mois prochain. Pouvez-vous nous annoncer les lignes de base de votre communication?

Ma participation à la Passenger Terminal Expo consistera en une conférence sur la sécurité aéroportuaire (safety) dans laquelle j’aborderai les tendances actuelles et futures dans les aéroports internationaux dans ce domaine. Concrètement, je parlerai des efforts que les pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) sont en train de réaliser en adaptant leurs installations afin d’accomplir de façon stricte la réglementation et les méthodes recommandées par l’OACI, et en développant ou mettant à jour leurs procédures opérationnelles pour améliorer la sécurité côté air. Je parlerai, par ailleurs, d’exemples concrets et d’un exemple de réussite comme celui de l’aéroport de Lleida Alguaire.De même, je présenterai quelques-unes des tendances futures dans le domaine de la sécurité opérationnelle aéroportuaire, où les nouvelles technologies joueront un rôle de plus en plus important pour rendre nos aéroports plus sûrs.

 

 

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