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Un nouveau matériau qui vaut 145 millions de dollars le gramme

María Isabel Montero

María Isabel Montero

AERTEC / Head of PMO & MRO – Madrid Division

 

L’industrie aéronautique présente le double avantage d’être très artisanale et hautement technologique. Les personnes qui ne connaissent pas ce secteur perçoivent difficilement cette dualité. Elle est artisanale de par sa cadence de production, qui est lente et nécessite un niveau élevé de détail pour la quasi-totalité des processus. Mais elle est également très technologique et innovante, en raison des investissements importants permanents dédiés à la recherche de nouveaux matériaux et de nouvelles solutions et techniques permettant d’optimiser tant la fabrication que la fonctionnalité des aéronefs.

Nous pourrions être face à un immense éventail de possibilités pour une nouvelle génération d’aéronefs et de systèmes de transport.

L’une des clés réside dans les matériaux, tant dans l’utilisation la plus efficace de ceux que nous connaissons déjà que dans la recherche de nouveaux. Cela fait partie de l’activité.

Fin 2015, la société Boeing a présenté un nouveau matériau (à proprement parler, nous devrions plutôt faire référence à une structure innovante) qui pourrait être le plus léger au monde. Un groupe de scientifiques de l’Université d’Oxford vient d’en développer un nouveau dans son intégralité.

Ce dernier a été officiellement baptisé « fullerène endoédrique » et fait partie de la famille des carbones fullerènes endoédriques. Il s’agit d’un composé de molécules sphériques de carbone contenant des atomes d’azote : 60 atomes de carbone et un d’azote, pour être précis.

Parmi les applications les plus immédiates actuellement évoquées, on peut citer la création de minuscules horloges atomiques (à ce jour, du fait de la technologie disponible, elles sont énormes) et leur intégration dans les dispositifs de technologie mobile, GPS et communications. On étudie également la possibilité de les intégrer dans des véhicules autonomes, en les transformant en instruments bien plus précis pour déterminer le temps et les positions (y compris millimétriques), comme les scientifiques l’ont révélé au quotidien britannique « The Independent »,

D’après les scientifiques de l’université d’Oxford qui ont créé ce matériau, le problème du fullerène endoédrique est son prix… très élevé. Ni plus ni moins que 145 millions de dollars le gramme ! Bien entendu, ils affirment que, s’ils pouvaient poursuivre leurs recherches, son prix pourrait considérablement baisser étant donné que son utilisation et ses applications potentielles dans l’industrie constitueraient une révolution absolue, générant une forte demande en perspective.

Kyriakos Porfyrakis, l’un des développeurs du fullerène endoédrique, affirme que la prochaine étape vers la révolution du marché des téléphones mobiles serait la suivante : « Imaginez-vous détenir une horloge atomique miniaturisée que vous pouvez transporter dans votre smartphone ».

Mais maintenant c’est moi qui, revenant dans le secteur de l’aéronautique et comptant sur le fait que les vertus de ce matériau seront confirmées, pressens que nous pourrions être face à un immense éventail de possibilités pour une nouvelle génération d’aéronefs et de systèmes de transport. Pour citer quelques exemples, la précision millimétrique des dispositifs GPS permettrait de faire un pas de géant vers l’automatisation des aéronefs. On pourrait même créer des réseaux d’avions automatisés ne nécessitant qu’un seul pilote.

À l’heure actuelle, nous ne parlons que d’une magnifique découverte, mais qui sait dans combien de temps nous pourrions être en mesure de parler d’un nouveau type de conception pour l’industrie aérospatiale ?

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