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Entretien avec Jonathan Lison, IAMF

 

Jonathan LISON est le Directeur général d’Israel Aerospace Manufacturers Federation (I.A.M.F).

« Israël a utilisé cette contrainte [les problèmes géopolitiques au Moyen-Orient] pour développer des technologies et des savoir-faire et en tirer des avantages ».

L’IAMF, la Fédération des constructeurs du secteur aéronautique et spatial israélien, a vu le jour à la fin de l’année 2011. D’où a surgi le besoin de créer une telle institution en Israël ?

Dans le pays, un grand nombre de sociétés de niveau Tier 2 et Tier 3 pourvues de l’accréditation AS9100 (l’équivalence de la norme EN 9100 en Europe) approvisionnent les trois grandes entreprises aéronautiques israéliennes. La fédération a vu le jour suite au souhait de ces sociétés de s’imposer sur le marché international et donc de vendre leurs produits à l’étranger.

 

Quels principaux défis l’IAMF a-t-elle affrontés depuis sa création et dans quels domaines particuliers le secteur aéronautique et spatial israélien travaille-t-il ?

Les défis auxquels l’IAMF fait face sont les investissements massifs nécessaires pour commercialiser et vendre des pièces ou des produits à l’étranger : il participe à des salons aéronautiques internationaux, à l’organisation de tournées professionnelles à l’étranger, à la mise en place d’équipes de vente à l’international et au soutien des sociétés dans leurs réponses aux demandes de devis.

L’IAMF travaille dans le secteur commercial aéronautique et spatial aux côtés des fournisseurs de Boeing, Airbus et autres constructeurs d’équipements d’origine. Ses principales cibles sont les pièces de structure, métalliques ou en matériau composite, et les systèmes aéronautiques.

 

L’un des objectifs de l’IAMF est de promouvoir les sociétés israéliennes en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Actuellement, quels sont les principaux marchés avec qui travaillent les sociétés aéronautiques et spatiales israéliennes ?

Contrairement à d’autres fédérations à travers le monde, le rôle de l’IAMF n’est pas de présenter au gouvernement les différents besoins et contraintes des compagnies ; son objectif est de les aider à pénétrer le marché aéronautique et spatial international.

L’objectif de l’IAMF est de promouvoir les sociétés israéliennes, en particulier en Europe et en Asie. Actuellement, les sociétés aéronautiques et spatiales israéliennes travaillent principalement avec l’Amérique du Nord,mais leurs efforts ciblent plus particulièrement les marchés asiatiques : l’Inde, Singapour, la Corée du Sud, le Japon, etc.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que l’IAMF met en œuvre pour atteindre ces objectifs ?

Pour ses membres, l’IAMF a réussi à obtenir une participation de 50 % du gouvernement, en matière de marketing international et de frais de ventes. L’IAMF a organisé deux salons AEROSUPPLY à Tel-Aviv, deux salons Aerosupply en Inde, et attiré les directeurs des achats des principaux constructeurs présents sur le marché.

Nous organisons des visites pour les personnes en provenance de l’étranger, afin de leur présenter les installations des entreprises participantes et de leur permettre de discuter d’éventuelles possibilités. Chaque visite a réuni au moins 20 sociétés en provenance de l’étranger. L’IAMF organise également des visites pour les sociétés de niveau Tier 1 et 2 en Israël, afin de les soutenir dans la recherche de nouvelles technologies et de fournisseurs parmi les membres de la Fédération. Notre organisation participe à différents événements liés à l’aéronautique et au spatial en Europe, dans le but de réduire les frais pour ses membres et de leur présenter d’éventuels clients. Nous organisons des ateliers internationaux sur les normes et certifications spéciales nécessaires sur le marché et notre équipe de ventes a réussi à apporter un nombre important d’appels d’offres à ses membres.

 

L’industrie aéronautique et spatiale israélienne a évolué jusqu’à devenir un des principaux exportateurs de technologie; les firmes aéronautiques et spatiales sont devenues des leaders mondiaux en matière de drones (UAV ou avions sans pilote). D’après vous, quelles sont ses principales forces et quels aspects pourraient dynamiser le secteur aéronautique et spatial israélien? 

Les problèmes géopolitiques au Moyen-Orient constituent le principal défi de l’industrie aéronautique et spatiale israélienne. Israël a utilisé cette contrainte pour développer des technologies et des savoir-faire et en tirer des avantages. Israël, par exemple, est l’une des seules sociétés au monde qui possède des connaissances dans la construction et le lancement de satellites dans l’espace ; c’est également un des seuls pays au monde à avoir conçu et fabriqué des avions de combat tout comme des avions d’affaires. Les drones constituent un nouveau domaine où Israël possède un avantage sur le marché et concurrence les constructeurs nord-américains.

Je pense que la combinaison de ces avantages peut aboutir à des produits intéressants pour l’industrie aéronautique commerciale.

Un des aspects qui pourraient aider à perfectionner le secteur israélien aéronautique et spatial serait la coopération avec des sociétés européennes, au bénéfice des organismes concernés.

 

Quelles possibilités de coopération envisagez-vous entre sociétés aéronautiques et spatiales israéliennes et espagnoles ? Existe-t-il des projets en cours dans des programmes aéronautiques et spatiaux ?

L’Espagne dispose d’une industrie aéronautique et spatiale exceptionnelle et grâce à ses coûts du travail sensiblement réduits, par rapport à l’Europe centrale, elle s’est imposée sur de nombreux marchés aéronautiques et spatiaux. Je pense qu’il existe de nombreuses possibilités de coopération entre les sociétés israéliennes et espagnoles ; les sociétés espagnoles pourraient ouvrir l’accès aux marchés européens et les sociétés israéliennes apporteraient leurs technologies innovantes, ce qui permettrait aux sociétés espagnoles de s’imposer sur le marché international. La coopération peut être une garantie de succès pour les sociétés espagnoles, dans le cadre d’appels d’offres européens. Des sociétés espagnoles et israéliennes se sont engagées dans des projets du programme Horizon 2020 ; il serait intéressant que chacune des parties y apporte ses points forts. Le soutien des gouvernements espagnol et israélien permettra de mettre en commun des innovations liées à l’aéronautique, d’où surgiront de nombreuses idées. Par exemple :

  • on prévoit dans les prochaines années la construction d’une centaine d’aéroports en Inde, en Chine et en Asie ; de nouvelles technologies sont nécessaires pour que les aéroports soient plus efficaces et plus sûrs.
  • Le transport commercial des biens pourrait être autonome et c’est dans cette optique que nous développons le secteur automobile en Israël.
  • Il existe différents moyens de transport aérien permettant de réduire les coûts, les risques, etc. Des discussions à ce propos sont en cours entre l’IAMF et une société espagnole.

 

L’IAMF implique des partenaires institutionnels et des entreprises. Pourquoi la collaboration publique et privée est-elle aussi importante dans le secteur aéronautique et spatial ?

Dans le domaine aéronautique et spatial, les investissements sont très importants, les projets de développement sont longs et entraînent des retours sur investissement (ROI) sur de longues durées ; c’est dans ce cadre que les partenaires institutionnels peuvent soutenir les sociétés aéronautiques et spatiales. De plus, les universités peuvent prêter main-forte par la mise en place de nouvelles technologies et de méthodes en matière d’infrastructures des aéronefs et de leur sécurité.

 

 

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