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Concentration d´aéroports

 

Trop de cuisiniers gâtent la sauce. Trop d’aéroports dans une même région peuvent-ils nuire au secteur du transport aérien de ladite région ? Je défend la libre concurrence qui, à mes yeux, est positive dans la plupart des cas… dans une certaine mesure. Disposer de trop d’aéroports dans une région peut s’avérer contre-productif, ce qui pourrait nuire aux intérêts des voyageurs.

Nombre de régions d’Europe disposent de plusieurs aéroports dans un rayon de moins de 100 kilomètres. Évidemment, la densité de population est essentielle pour déterminer le nombre d’aéroports que peut se permettre une région.

En Italie, par exemple, il existe 7 aéroports entre Milan et Venise, c’est-à-dire dans un espace de moins de 300 kilomètres. Cette région est l’une des plus riches et des plus densément peuplées d’Europe. Les aéroports de Bergame, Milan-Linate et Venise-Marco Polo transportent 8 millions de voyageurs par an. Vérone et Trévise en traitent plus de 2 000 000. Avec plus de 18 millions de voyageurs, l’aéroport de Milan Malpensa offre des vols de correspondance vers de nombreuses destinations à travers le monde. Seul l’aéroport de Brescia est de capacité plus modeste. Les voyageurs de la région bénéficient d’une richesse d’options qui sont le résultat d’une concurrence saine.

Mais il n’en va pas toujours de même. La Galice, région du nord-ouest espagnol qui compte moins de 3 millions d’habitants, dispose de trois aéroports dans un rayon de 80 kilomètres. Deux d’entre eux, celui de La Corogne et de Vigo, transportent près de 800 000 voyageurs par an. L’aéroport de Saint-Jacques de Compostelle est le seul à accueillir plus de 2 millions de voyageurs. La présence de plusieurs aéroports dans une région concrète, dont le volume de trafic de passagers est sous la barre du million, est signe qu’ils sont trop nombreux.

Les habitants d’une région pourraient avoir accès à plus de destinations s’il n’existait qu’un seul et unique aéroport pour couvrir la zone. Paradoxalement, l’excès de concurrence empêche de desservir certaines destinations potentielles. C’est ce qui se produit lorsqu’aucun des aéroports n’est en mesure d’attirer suffisamment de voyageurs pour garantir à la compagnie aérienne la rentabilité d’un vol. Par conséquent, les voyageurs locaux sont obligés de passer par les aéroports intermédiaires pour atteindre leur destination finale. En Galice, les voyageurs auraient accès à plus de destinations si l’aéroport de Saint-Jacques de Compostelle —le plus achalandé et le mieux situé— était le seul opérant dans la région. Les vols directs vers Paris ou Rome, sans passer par Madrid, pourraient devenir une réalité.

Les autorités locales doivent prendre conscience du fait que ce qui importe réellement aux voyageurs est de réduire au minimum le temps de trajet entre la ville de départ et celle d’arrivée, plutôt que celui entre leur maison et l’aéroport. Une région est parfois mieux desservie avec un seul aéroport qu’avec trois.

 

 

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28/04/2014

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